En avril, ne range pas tes skis... en attendant mai, viens à Peclet !

Le 19.04.2015, par MatthieuN


Avec cette saison tardive et capricieuse, les belles sorties sont rares, mais leur saveur n'en est que meilleure. En ce dimanche d'avril, la fin de saison va-t-elle nous sourire ?

Dans la benne d'Orelle, notre scepticisme envers les prévisions météo s'efface. Oui, il va faire beau ! Et en plus, le ciel clair de la dernière nuit a bien regelé les pentes. Cafistes contents, Vive le printemps !

emilien face à l'aiguille

Avec Quentin, Guillaume, Damien et Thierry, nous sommes gagnés par un enthousiasme communicatif, et résolument décidés à tâter du projet original, voire audacieux, classé X freerando de mister God speed, alias emiliano goodspeed, et du maître de ValTho, le boss des arcosses, alias sylvain.

Mais ici, point de mélèze, ni d'arcosse. A 3561m, l'Aiguille de Peclet se mérite. Il faut se hisser au-dessus du glacier éponyme, ainsi que du Gebroulaz et du Chavière. Heureusement avec quelques RM, c'est tout de suite plus facile ! Entre les télésièges et le funitel, on échauffe d'ailleurs tranquillement genoux et spatules. Pas si tranquillement que ça, car mister goodspeed ne veut tout de même pas faire attendre les neiges éternelles... ni louper le timing : attaquer la face sud à 10H.

A peine éjectés sur glacier de chavière, on sort donc les phoques. Aujourd'hui, pas d'acclimatation, ça démarre directement à 3000m. Heureusement pour nos organismes en manque d'oxygène, l'effort commence doucement, sur un terrain presque plat. Sur cette calme banquise, la croisière et son commandant de bord s'égaient dans l'ivresse légère de l'altitude, et le relief majestueux de la haute montagne. A leurs pieds, les passagers traînent des matos hétéroclites. Est-ce le reflet du style ou de l'état de forme ?

Entre les purs randonneurs et les purs freeriders, le poids varie du simple au triple. Emilien a choisi des enclumes à 3,5Kg, mais, généreusement, assume la trace.

D'autant que le niveau D, annonciateur de nouveaux frissons, arrive pour de bon. C'est le moment d'enchaîner quelques techniques, en parlant de plus près avec la montagne. On déchausse, on cramponne. On charge les skis sur les sacs, on largue une couche, on se retrousse les manches. Aux piolets, citoyens !

 

Toutes les conditions sont idéalement réunies : l'air frais, le soleil chaud, la neige regelée, le vent atone. Que demande le peuple ? Ueli Steck ? Nous avons encore mieux, puisqu'en tête, Emiliano Goodspeed, malgré son sac lesté de ses deux enclumes, nous sculpte de belles marches éphèmères, mais confortables, vers notre quête de l'inutile. 

En vrai, les petites difficultés nous délectent. La course, devenue mixte, panache glace et rocher. Mais c'est finalement un bout d'arête débonnaire, qui nous mène à la pointe sommitale, et son époustouflante vue. L'heure de gloire est arrivée. Le panorama fait tourner nos têtes à 360, puis 720 et 1080°. On s'arrête un instant. On en prend plein les yeux. Les sourires envahissent nos visages. On en reprend encore un peu. Tous les grands sont là : la grande bosse au loin, la grande casse face à nous, où sylvain imagine la montée du groupe cafiste de benoît.

 

Les augures sont avec nous. Pimentée d'emblée d'un petit rappel de corde, emilien nous concocte aux petits oignons une bonne descente glaciaire. A sept, la courte desescalade skis aux pieds prend certes un peu de temps, mais chacun, bâtons dans le dos, la déguste à sa sauce : encordement de bras, avec descendeur ou noeud de cabestan.

Nos spatules frissonnantes touchent enfin la pente promise... raide, comme il faut !

nouvelle méthode de calcul de pente ?

En toute décontraction, le boss de valTho attend l'équipe, pour les premiers virages en pente raide. Pédagogue, sylvain trompe l'attente des premiers, en révisant la toponymie des sommets alentours.

révision des sommets de lauzière

Avec le boss du niveau TBSA, on débat alors des profits du freerando : itinéraire libre, descente maximale, plaisir démultiplié. Non seulement, on peut aller où l'on veut, mais surtout aussi bas que l'on veut ! Quel tournis...

Sur ces bonnes paroles, guillaume, freerider estampillé, ouvre le bal, en se lançant dans la pente, joyeusement.

La variété des plaisirs s'étoffe dans une neige certes un peu dure, mais très réconfortante, dans un décor de séracs, de glaces vives et de crevasses, à la contemplation duquel le groupe s'adonne... à distance raisonnable.

Après avoir tenu le timing de la montagne, les horloges biologiques sonnent à leur tour, et réclament une pause casse-croûte bien méritée.

une vraie pause au soleil

Hormis le reblochon, qui n'aura pas survécu à la haute montagne, pas de fausse note. Du fun, du free, de l'alpi, du mixte. Bref, y en a eu pour tous, sans compter la suite de la journée, avec la combe pierre lory, la jonction d'autres groupes, dont l'élite du cycle maîtrise 2015. Tous adeptes du fun et du free, de la vanoise, et de la bière éponyme !

En avril, il faut donc sortir ses skis, et plus que jamais en profiter ! Quand les conditions sont réunies, c'est un récital de glisse et de techniques. Variété et plaisir garantis ! Merci à nos encadrants du jour, the boss et the goodspeed, pour cette petite leçon, ainsi que pour cette exceptionnelle freerando. Comme qui dirait, cette aiguille, ce fût un cap, un roc, un pic, une péninsule. Merci à tous, quelle belle journée d'avril !

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